Histoire traduite et romancée
Il était une fois, dans un pays lointain, une tribu réfractaire aux étrangers ; elle était cantonnée dans une région sauvage, jonchée de gigantesques pierres levées qui, paraît-il étaient des tombeaux ; une religion oubliée était inscrite dans ce carnaval de pierres. La végétation était pauvre, beaucoup de cactus et de gros chardons-marie bleues.
Je fus reçu dans cette région par un ami, je traversais donc le douar pour arriver à la maison. Les hommes enturbannés étaient aux aguets, armés jusqu'aux dents, comme en temps de guerre. Je dû passer aux explications.
Que venez-vous faire ici ? qui connaissez-vous ? combien de temps allez-vous rester ? quel est votre métier ? avez-vous une femme ?
Je fus pris de malaises devant tant d'hommes soupçonneux. N'étais-je pas de leur race ? Pourquoi me détestaient-ils ?
Une femme passa enveloppée de voiles noirs, elle était courbée sous un volumineux fagot de bois, on ne voyait que ses yeux. Devant l'étrangeté de cette présence voilée, je donnais un coup d'oeil !
Aussitôt, les dix hommes me braquèrent leurs fusils.
- Mais que me voulez-vous ?
- Baisse les yeux à terre ; ici tu sauras qu'aucun homme qui n'est pas de notre tribu n'a le droit de lever les yeux sur nos femmes, même aux visages invisibles.
Je fus pris de panique et me mis à courir, ils m'espionnèrent jusqu'à mon entrée chez Saïd. Lui était toléré, il était de leur sang mais on ne lui parlait pas car il avait pris une femme en dehors de la tribu. Je vécus quatre jours d'enfer, malgré les explications de mon ami, personne n'admettait ma présence ici.
Je n'osais pas sortir sauf au crépuscule où les hommes armés partaient à la chasse en laissant deux sentinelles. Je craignais pour ma vie au milieu de ses gens violents. La nuit, accompagné de Saïd, je quittais cette sinistre région.
Et j'étais pourtant de leur sang, enfant de la première femme de mon père. Mais ces gens n'étaient point mes frères !